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UNE HISTOIRE RICHE DEPUIS LE XVe SIÈCLE

Les premiers temps

L'Isle Briand tient son nom de la configuration de son site (dans une langue de terre entre l'Oudon et la Mayenne) et de ses premiers propriétaires, les Briand. Cette famille possède toujours ce fief au xve siècle, lorsqu'en 1491, la dernière de ce nom, Renée Briand, épouse Simon d'Andigné, gentilhomme de Charles VIII. Jusqu'en 1872, le château demeure dans cette famille.

Histoire_chateau - page histoire - parc isle briand

Charles-Gabriel-Auguste d'Andigné (1715-1768), page du roi en 1734 devient propriétaire de la maison en 1740 mais, devenu veuf, ce n'est qu'après son second mariage, avec Elisabeth-Jeanne Poulain de Bouju en 1748, qu'il entreprend la reconstruction du château, comme en témoignent les armoiries d'alliance sculptées sur le fronton antérieur. Les travaux sont déjà achevés en 1761.

Le château de l'Isle-Briand nous est parvenu avec très peu de modifications depuis le xviiie siècle : une salle à manger a été ajoutée vers l'orient vers 1875, un terrasson a été établi entre les deux charpentes parallèles d'origine dans les années 1970, et le décor intérieur a parfois été enrichi tout en conservant celui préexistant. Ainsi, l'attique (deuxième étage) longtemps considéré comme une adjonction du xixe siècle, fait bien partie des dispositions d'origine.

Au regard de différents inventaires depuis 1792, la disposition intérieure n'a pas changé. Au centre se trouve un vestibule orné de quatre niches dont l'une abritait un lavabo avec une vasque en marbre et une autre un poêle. Cette disposition, jointe à un sol non parqueté (il a été refait au xixe siècle), relève plus d'une salle à manger que d'un vestibule. Cependant, au xviiie siècle, en Anjou, il n'est pas rare de trouver la salle à manger dans l'axe du château, servant aussi d'entrée. En revanche, cette disposition semble s'atténuer à partir des années 1770 et à l'Isle-Briand même, l'inventaire de 1792 précise bien que la salle à manger se trouve ailleurs : peut-être y a-t-il eu un changement d'affectation de la pièce après la mort du constructeur en 1768. A gauche du vestibule se trouve un ample escalier d'honneur qui, de façon naturelle, ne conduit qu'au premier étage. Son sol est tout à fait remarquable puisqu'il se compose d'un pavage de pierre blanche (malheureusement parfois très usé) et de cabochons de marbre de Laval et non d'ardoise comme il est de coutume en Anjou. C'est ici un luxe remarquable.

Du côté sud, sur la cour d'honneur, se trouvent les pièces réservées au service. Vers l'orient, au-delà de l'escalier, se trouvait le débotté, vers l'occident, de l'autre côté du vestibule, les chambres et cabinets pour les valets de pied. Au nord, bénéficiant de la plus belle vue sur la rivière, se trouve une enfilade de pièces qui, avant la construction de l'actuelle grande salle à manger, se distribuait ainsi : salle à manger d'angle vers orient, éclairée alors de quatre baies, petit salon, grand salon (dans l'axe), chambre d'apparat et son cabinet entresolé servant pour les invités de marque, au-delà se trouvait une chambre d'angle plus modeste. Rien dans cette disposition n'a changé aujourd'hui.

Au premier étage, au-dessus du vestibule, se trouve la bibliothèque à la fois palier et salon d'étage, ce qui explique la présence d'une cheminée en marbre de Laval. Elle donne accès, dans l'axe, à la chambre de la maîtresse de maison, accompagnée vers l'orient d'un boudoir et d'un cabinet de toilette. Au-delà se trouvent deux chambres de réception. A l'occident de la chambre d'axe se place la chambre du maître de maison, communiquant avec un cabinet et à la suite, un bureau de travail.

Le second étage, bien qu'accessible uniquement par les deux escaliers de service, possède un ensemble de chambres dont certaines bénéficient d'un décor de qualité. Dans tous les étages se trouvent des boiseries du xviiie siècle, mais aussi des éléments provenant de l'ancien château, comme certaines portes du xviie siècle au rez-de-chaussée et au second étage.

Au xixe siècle, l'Isle-Briand appartient à Charles-François d'Andigné de Mayneuf (1748-1831), page du roi puis officier au régiment Royal-Champagne ; il finit sa carrière comme colonel honoraire de cavalerie. La seule modification qu'il apporte au domaine est l'édification des communs qui lui permettent de loger le personnel à l'écart du château. Le comte d'Andigné meurt sans enfant et la propriété passe à son frère puiné, Louis-Gabriel-Auguste (1763-1839) : conseiller au parlement de Bretagne en 1788, il entre dans la chouannerie durant la révolution. Maire de Chambellay de 1808 à 1818, il est conseiller général en 1803, président du Département en 1808 (ce qui lui vaut de recevoir l'empereur), puis député de 1816 à 1823 et président de la cour royale de 1824 à 1830. Son fils et héritier, Louis-Emmanuel d'Andigné (1817-1871), devient maire du Lion-d'Angers de 1848 à son décès en 1871. C'est lui qui peut acquérir la métairie de la Petite-Isle lui permettant enfin de dégager l'accès vers le sud du château : en effet, jusqu'alors les terres de ce petit domaine empêchaient d'envisager une grande allée dans l'axe du château. En 1862, il édifie les deux pavillons de porterie, à l'entrée du village. Un remeublement partiel est réalisé pour apporter une touche plus contemporaine : la longue enfilade à huit portes vitrées avec ses tiroirs aux façades mobiles ainsi que la bibliothèque du premier étage datent de cette époque. A sa mort, sans enfant, sa veuve décide de vendre la propriété qui comporte alors un parc de 155 hectares.

En 1872, Jeanne Say (1848-1916) jeune veuve du marquis de Brissac, acquiert l'Isle Briand. Peu après, elle se remarie avec le vicomte de Trédern et entreprend d'importants aménagements : elle fait édifier la grande salle à manger (ce qui permet de transformer l'ancienne en billard) puis la très grande ferme qu'elle s'attache à moderniser jusqu'au début du xxe siècle. La faisanderie et le pavillon d'artiste, plus tard transformé en chapelle, ont été détruits durant le dernier tiers du xxe siècle. Cependant, en 1888, au décès de son premier beau-père, elle va s'attacher à restaurer le château de Brissac qui appartient dès lors à son fils aîné : de là naîtra le célèbre théâtre de Brissac où viendront jouer Massenet et Saint-Saëns et où elle pourra se produire, sa voix étant célèbre.

Le décor de la salle à manger de l'Isle Briand (réalisé entre 1872 et 1888) a conservé toute son homogénéité avec ses faux bois précieux, ses stucs, la quincaillerie de grande qualité des fenêtres et les deux monumentaux dressoirs en noyer. Elle fait alors déplacer l'enfilade de l'ancienne salle à manger et, pour en harmoniser le ton du bois de chêne, la fait teinter. Ce meuble de dimensions exceptionnelles trouve une place naturelle sous la tapisserie du xviiie siècle qu'elle insère dans les boiseries. Un lustre en harmonie avec les proportions de la pièce est installé. Dans le même temps, elle enrichit les décors des pièces de réception : son goût pour les tapisseries l'incite à en inclure deux autres dans les boiseries, mais en 1901, elle transporte à Brissac celle qui se trouvait dans l'escalier et la remplace par une grande toile intitulée L'idéal couronnant les arts par Bonin de Frayssex. Le petit et le grand salon sont dotés de dessus-de-porte peints d'après Boucher et Lancret et les boiseries bénéficient d'en enrichissement décoratif. Dans le grand salon et la chambre qui se trouve au-dessus, les cheminées sont déplacées pour être insérées sous les fenêtres d'axe, en reportant latéralement les conduits (elles ne peuvent plus aujourd'hui être utilisées, les souches ayant été détruites).

L'Isle Briand échoira à Henri de Trédern qui meurt en 1925. Sa veuve demeure dans le château jusqu'à son décès en 1967. La propriété est vendue par ses héritiers au Conseil général de Maine-et-Loire en 1971 pour déplacer les haras nationaux qui existait dans le centre-ville d’Angers et qui devenait trop petit.  Inauguration en 1975.

Depuis le 1er janvier 2017, le site est géré par un Groupement d’intérêt public (GIP), associant le Département, la Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou, la Ville du Lion d’Angers et l’Association Le Lion Equestre. Le GIP porte un projet global de développement du site qui s’organise autour des orientations suivantes : le déploiement des activités équestres et hippiques, l’ouverture au public, la contribution au développement économique local et la gestion durable des espaces naturels.

Le Groupement d’intérêt public entend développer l’attachement d’un public nombreux et l’intérêt des cavaliers de haut niveau pour le parc départemental de l’Isle Briand. Il consacre chaque année un budget pour la mise à niveau des équipements sportifs, la restauration des bâtiments et l’aménagement des espaces verts et leur entretien. Le GIP a également la volonté de valoriser les activités touristiques tournées vers la nature et le cheval et d'accueillir en plus grand nombre des évènements équestres, culturels et sportifs.

De nos jours, c’est un espace de détente et de loisirs, le Parc de l’Isle Briand est fréquenté par de nombreux visiteurs, à l’occasion des différentes manifestations qui y sont organisées ou simplement en famille, en tant que promeneurs, ou sportifs.

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